vendredi 11 octobre 2019

Impact négatif de la gratuité de l’enseignement primaire



Impact négatif de la gratuité de l’enseignement primaire de base
sur certaines écoles de Bumba ; le cas du Complexe scolaire Notre Dame

Depuis la rentrée de classe des élèves au début de cette année scolaire 2019-2020, il règne un remue-ménage inquiétant au sein des écoles primaires et même secondaires publiques de Bumba en général, et aux écoles conventionnées, toutes tendances confondues, en particulier, au sujet de la gratuité prônée en vigueur par les autorités de la République démocratique du Congo, avec en tête le Président de la République, Monsieur Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo. 
La classe de 7è A(ancienne 1ère année) avec 54 élèves  au Collège Notre Dame, (il y a 5 classes de 7e)

En effet, tout commence à partir des instructions fermes que les directeurs et les préfets des études ont reçues de leur hiérarchie scolaire, selon lesquelles la gratuité de l’enseignement de base doit scrupuleusement être observée telle que l’exige la constitution de la RDC.
La 6ème primaire à l'EP Boyonga fille, déjà 80 élèves dans une même classe!
Cela implique le non-paiement des frais scolaires et des primes des parents pour les élèves des écoles primaires ; et la paie unique des frais scolaires dont le taux sera fixé par le gouverneur de province (et non les primes des parents qui sont bannies) pour les élèves des classes de 1ère et de 2ème année du secondaire (maintenant respectivement 7ème et 8ème année). Ces autorités vont jusqu’à imposer le remboursement immédiat aux parents des frais déjà perçus par les écoles dès le début de cette année scolaire, et elles menacent de sanctionner sévèrement tout chef d’établissement qui continuerait malignement ou par mégarde à percevoir lesdits frais et primes des parents. 
Institut Mandio du préfet Andondo
Déjà 130 élèves dans une seule classe à l'Institut Mandio
En conséquence, la prime que les parents payaient traditionnellement pour venir à la rescousse des enseignants dont le salaire est toujours insignifiant, ainsi que pour couvrir la totalité de la paie des « NP » (c’est-à-dire les enseignants non payés malgré les matricules qu’ils détiennent), est d’office supprimée puisque le gouvernement lui-même prend désormais en charge les enseignants, tant ceux qui sont régulièrement rémunérés (qui verront leur enveloppe gonflée) que ceux qui ne le sont pas encore, appelés vulgairement les NP. 
EP Boyonga fille à la 8e avenue
85 élèves dans la salle de 4e année de l'EP Boyonga fille
Le gouvernement de la RDC s’engage donc à payer des salaires réajustés des enseignants, dès le mois de septembre 2019 (selon certaines indiscrétions, le salaire d’un enseignant de milieu rural (puisqu'il y a une certaine discrimination à ce sujet) s’élève aux environs de 190.000 Francs congolais, soient 111.7 $ US,) pour rendre effectif la gratuité de l’enseignement de base, au cycle primaire dès la rentrée scolaire 2019-2020, sans oublier certaines sommes pour le fonctionnement des écoles…
La cour des EP 1 et 2 Notre Dame de Bumba les 2 écoles primaires comptent plus de mille élèves
EP 1 et 2 Notre Dame
Certes, cette exigence de la gratuité scolaire du primaire est bénéfique pour les parents d’élèves qui voient à travers cette intervention gouvernementale l’allègement de coût de la scolarisation de leurs enfants ; mais elle est un coup dur pour les enseignants qui ne sont pas encore pris en charge par l’Etat congolais, à moins que tous les 135.000 « NP » de toute la république soient concernés dans cette mesure, sans oublier les nouvelles unités (les NU), c’est-à-dire les nouveaux enseignants qui travaillent déjà sans avoir des matricules, c’est-à-dire sans être répertoriés par l’Etat à travers les services de SECOPE (services de contrôle et de paie des enseignants), organe du ministère de l’EPSP (enseignement primaire, secondaire et professionnel).
Un inspecteur de l'enseignement fait le contrôle financier chez la perceptrice du Collège Notre Dame
Ces NU bénéficiaient jusque-là desdites primes des parents afin de travailler pour la bonne marche de leurs écoles.
En supprimant les primes des parents, non seulement les NU seront contraints de rendre le tablier, mais encore leur départ entraînera à coup sûr la fermeture de certaines classes, avec comme conséquence le surpeuplement des élèves dans les classes restantes, sans compter l’exode des élèves qui dépeupleront les écoles privées pour venir envahir les établissements publics afin de bénéficier eux aussi de la gratuité.
Le préfet Iluku Gabriel debout devant son personnel fait un discours en s'adressant aux parents d'élèves
Cette situation n’épargne pas les écoles du complexe scolaire Notre Dame de Bumba du fondateur le Révérend Père Carlos Rommel, un prêtre scheutiste et Curé de la paroisse Notre Dame de Bumba, à savoir, les écoles primaires Notre Dame 1, 2 et 3, ainsi que le Collège Notre Dame et la maternelle Notre Dame. Ces écoles sont réputées meilleures du territoire de Bumba et même de la province de la Mongala, où l’on note toutefois un nombre considérable d’enseignants NP et NU qui bénéficiaient jusque-là de justes rémunérations mensuelles y compris des avantages de soins de santé à l’Hôpital Notre Dame, pour eux-mêmes ainsi que pour leurs familles restreintes, grâce à la bonne gestion financière du Révérend Père fondateur à partir des primes perçues des parents d’élèves.
Le RP Carlos le fondateur du Collège s'adresse aux collégiens
En plus, la gestion financière particulière du Collège Notre Dame dont les recettes sont toujours déficitaires dépendaient en grande partie pour son bon fonctionnement des recettes excédentaires générées par les écoles primaires Notre Dame 1, 2 et 3, y compris la maternelle Notre Dame, car les frais de fonctionnement qui pouvaient venir du gouvernement sont inexistants. Et même si ceux-ci étaient fournis, ils ne suffiraient pas à faire fonctionner cet établissement scolaire.  
Au cours de la proclamation des élèves de 6e primaire à l'EP 3 Notre Dame, la directrice Makilo en lunettes noires
Ces écoles primaires et maternelle du complexe scolaire Notre Dame citées ci-haut venaient financièrement à la rescousse du Collège, pour remédier à ses multiples dépenses liées aux activités scolaires telles que l’achat des matériels et fournitures scolaires et didactiques, la paie supplémentaire de son personnel (tant ceux payés par l’Etat que les NP et les NU), l’organisation des tests scolaires et la paie des testeurs, les photocopies des questionnaires des élèves pour les examens (chaque collégien reçoit habituellement sa copie pendant les examens), la couverture sanitaire du personnel ainsi que leurs familles restreintes, le système de double vacation scolaire, etc. Toutes ces particularités concourent à la prouesse et au rendement meilleur qui caractérisent le collège Notre Dame.
Proclamation des résultats de 6e année à l'EP 1 Notre Dame
La suppression de la prime des parents aux écoles primaires du complexe scolaire Notre Dame prive en conséquence le Collège Notre Dame de Bumba des suppléments nécessaires pour son bon fonctionnement, et pour sa performance qui le caractérisait et le maintenait au point culminant des écoles de la province pour la brillante réussite de ses élèves et de ses ressortissants tant aux examens d’Etat qu’aux universités du pays, d’Afrique et pourquoi pas d’Europe.
Harangue du préfet Iluku aux collégiens de Notre Dame le premier jour de la rentrée scolaire le 2 septembre 2019
Un seul exemple parmi tant d’autres peut illustrer nos propos : c’est le cas de l’ancien collégien de Notre Dame de Bumba, l’élève Stève Lileke qui a réussi à s’octroyer une bourse d’études gouvernementale congolaise en 2016 grâce à ses prouesses et sa brillante réussite aux Examens d’Etat de l’édition 2015 en section scientifique Math Physique, où il a distingué avec 83 % des points. Aujourd’hui il poursuit ses études en France.
Le préfet Iluku avec derrière lui les enseignants du Collège Notre Dame
Avec la rigueur politique de la gratuité scolaire, comment sera-t-elle assurée la paie de ces nombreux enseignants NP et NU desdites écoles ? Quel avenir nous réserve ce bel établissement du Collège Notre Dame qui a fait et continue à faire la fierté des bumbatraciens ?! Nous y reviendrons.  
                                                                 Antonio Lisuma.

mercredi 18 septembre 2019

Jubilé d'argent des Abbés Maoko et Mindia à Moenge




Les Abbés Norbert Maoko et Aimé Mindia
fêtent leur jubilé d’argent à Moenge!
Abbé Maoko Norbert Litonda Maros

La paroisse Saint Willibrord de Moenge, construite depuis 1913, et dont le centenaire était fêté depuis 2013 au diocèse de Lolo, était en ébullition ce dimanche 25 aout 2019 à l’occasion du jubilé d’argent de deux Abbés Norbert Maoko et Aimé Mindia qui viennent de totaliser 25 ans de sacerdoce depuis le 11 aout 2019. 
La paroisse Saint Willibrord de Moenge


Etant tous deux ressortissants de Moenge, (d’ailleurs les seuls Abbés de diocèse de Lolo originaires de Moenge) cette localité de diocèse de Lolo située dans l’extrême-ouest de territoire de Basoko dans la province de la Tshopo en RD Congo (à seulement 45 km de Bumba sur la rivière Itimbiri), les deux prêtres l’ont choisie pour y venir fêter ensemble avec les siens, avec leurs familles respectives et avec de nombreux fidèles venus de différents villages environnant la localité la plus grande de l’ouest du territoire de Basoko.
 
La curiosité de la foule des fidèles était aussi pour venir voir l’Abbé Maoko Norbert, celui qu’on n’avait plus revu depuis plus de 20 ans, depuis les années 1997 peu après la fin du régime de feu Maréchal Mobutu, c’est-à-dire depuis trois ans seulement après leur ordination presbytérale. Il s’est alors rendu en Italie pour les études, et il y est demeuré ensuite pour la pastorale dans la ville de Pescara au bord de l’Adriatique, où il est Curé de deux paroisses italiennes de cette ville.
La chorale
 Cependant, l’autre Abbé jubilaire Mindia Aimé, qui venait de perdre son père le directeur Mindia, ne s’est pas déplacé depuis en dehors de son diocèse de Lolo ; il y est demeuré en prestant dans les différentes localités : tantôt sur place à Lolo, tantôt à Moenge ou à Isamba… Actuellement il est Curé de la paroisse Bienheureuse Anuarite de Mindonga.
Abbé Aimé Mindia

Débutée vers 9 heures et demie pour s'achever vers 13 heures 50, la messe était solennellement dite par l’Abbé Mitobe Raphael avec la concélébration d’une dizaine d’Abbés de diocèse de Lolo dont les deux jubilaires, dans une grande église archicomble, le plus grand temple de diocèse de Lolo, où a pris part une foule nombreuse des fidèles de la cité de Moenge qui ne cesse de grandir, mais aussi des fidèles des localités environnantes.
Abbé Mitobe l'Officient de la messe au milieu de deux jubilaires


 L’on pouvait remarquer la présence des Abbés suivants, tant vieux que jeunes, qui ont rehaussé de leurs présences pour glorifier Dieu et honorer leurs frères et collègues jubilaires Abbés Maoko et Mindia. L’on pouvait voir les Abbés Ekutsu, directeur d’une radio diocésaine à Lolo, et Manza Valentin qui a organisé la fête puisqu’il y était jusque-là Curé de la paroisse de Moenge, avant de céder son poste au tout nouveau prêtre Mozolomba Moïse et de se faire nommer Vicaire à Christ Roi Isamba. On pouvait aussi voir les Abbés Hubert Mondongu Curé à Hembe Yamolota et Enge Christophe qui a repris le service, sans oublier  Abbé Akau et autres… 
Quelques Abbés de Lolo étaient présents
 
Abbé Valentin Manza, l'ancien Curé de Moenge
   
Les deux Abbés Mindia Aimé et Maoko Norbert n’ont pas caché leur satisfaction pour cette journée festive ; ils l’ont montrée à travers leurs interventions tant dans l’église durant leurs discours de circonstance que pendant la fête après la messe. 

 Après la lecture de l’Evangile par le jeune Abbé Egwake Paulin-Henri, l’homélie du jour était l’œuvre de l’Abbé Maoko Norbert. Avec un lingala pourtant impeccable contrairement à ce que les fidèles croyaient qu’il allait naturellement oublier certaines expressions de lingala, vu les 22 ans passés en dehors du pays, son homélie s’est plutôt merveilleusement illustrée à la prononciation d’un vrai Budja. 
Abbé Egwake Paulin-Henri


L'Abbé Maoko pendant son homélie
Bébé Maoko et Neige, la sœur et la nièce d'Abbé Norbert
Des enfants chantent en l'honneur de deux jubilaires

Elle était centrée autour de l’appel du Christ de toujours militer contre le diable afin d’accéder au royaume du salut par la petite porte, en œuvrant toujours des actes de justice, de paix et de bonté. 
Discours de circonstance de l'Abbé Maros
La danse des paroissiens au cours de la fête
Au cours du repas
Les convives à table pendant que les religieuses servent
 
Après la messe, un cocktail fut partagé autour de deux Abbés Aimé et Norbert dans la cure paroissiale sous les pommiers datant de l’époque coloniale, plantés entre la résidence du Curé et celle des religieuses... 
La cure paroissialejouter une légende
Le couvent des Soeurs Dominicaines de diocèse de Lolo
 
                                                                   Antonio Lisuma     

 

dimanche 15 septembre 2019

Monsieur l’Abbé Justin Marie Elenga élargi l’église Saint Paul à Binga


 Monsieur l’Abbé Justin Marie Elenga
élargi l’église Saint Paul à Binga

Rév Abbé Justin Marie Elenga, assis dans sa cure Saint Paul de Binga

          La petite paroisse Saint Paul de la cité de Binga est depuis trois ans déjà dirigée par un nouveau Curé, le Révérend Abbé Justin Marie Elenga, un ancien Curé de la paroisse Saint Vincent de Bumba. 
Révérend Abbé Justin Marie Elenga
          Située en plein cœur de la cité de Binga, une localité agricole  sur la rivière Mongala à 130 km à l’ouest de Lisala, la paroisse était construite vers les années 1970, sous le régime du feu président Mobutu après l’indépendance de la RD Congo, et était surtout destinée pour l’évangélisation et la pastorale des agents de la Société de traitement et d’exploitation de l’huile de palme et de l’hévéa de Binga, dans le territoire de Lisala.
L'usine de traitement d'huile et de l'hévéa de Binga

          C’est dans cette optique que la taille réduite  de la paroisse se justifie, suivant le personnel de la compagnie industrielle de l’huile de palme, car le gros de la population se dirigeait vers la grande paroisse Sainte famille, ainsi qu’une autre paroisse, Notre Dame de Binga, située en retrait de la cité, dans la palmeraie environnante.
L'église Saint Paul de Binga

           Mais, à l’heure actuelle où la cité de Binga voit sa population doublée ou même triplée, l’église devient trop contiguë pour accueillir le personnel et la population de la cité surpeuplée ! 
Abbé Justin se photographie avec sa cuisinière quand celle-ci achète des chenilles
          C’est dans ce contexte que le Curé Marie Justin Elenga qui, à peine nommé Curé de la paroisse, se voit revêtir la mission d’élargir le bâtiment de son église Saint Paul de Binga, avec l’assistance de l’Abbé Vicaire Junior Ngboko, le neveu de Monseigneur Ngboko, l’évêque de Lisala.
Le Rév Abbé Curé Justin M Elenga et son Vicaire R. Abbé Junior Ngboko 
          Interrogé à ce sujet, le curé laisse entendre qu’il s’agit là de l’effort conjugué de lui-même, de son Vicaire, mais aussi de ses ouailles qui ont contribué pour l’achat des matériels, ciments, tôles, briques, etc., et que par surcroît, tout apport des personnes de bonne volonté serait toujours le bienvenu afin d’élargir l’église et la rendre aux dimensions suffisantes, vu le nombre élevé de ses fidèles.
L'Abbé Justin avec les enfants de sa paroisse
           Le Curé attend améliorer aussi les écoles construites au sein de sa paroisse : l’école maternelle, l’école primaire « Binga usine » pour les filles, école primaire « Elikya » pour les garçons, le Collège Saint Paul, etc.
L'école maternelle Saint Paul de Binga, encore en paille!
Devant l'école primaire des garçons
           Cet esprit de développement que ne cesse de démontrer l’homme de Dieu partout où il passe ne date pas d’aujourd’hui ; déjà depuis sa prestation comme curé de la paroisse Saint Vincent à Bumba, il a laissé des traces "indélébiles" tant dans les infrastructures ecclésiales que scolaires. 
L'Abbé Justin a élargi l'église Saint Vincent de Bumba.
        Confronté à des situations similaires de la paroisse Saint Paul qu’il dirige actuellement, il a élargie les dimensions de l’église Saint Vincent dans le but d’accueillir beaucoup plus de fidèles ; il a en outre entamé la construction de la cure de la paroisse Saint Vincent jusqu’à l’élévation des murs, avant de se voir muté à Lisala pour d’autres activités pastorales.
La cure de la paroisse Saint Vincent de Bumba, le gros de l’œuvre de construction était fait par l'Abbé Justin
          Dans le domaine de l’éducation, le Révérend Abbé Justin Marie Elenga est aussi fondateur du complexe scolaire portant son nom « Yalenga », ayant trois sections : littéraire, avec option Latin Philo, scientifique avec option biochimie, et pédagogie générale. Le complexe Yalenga est implanté à la 8e avenue, à côté de l’école primaire « Boyonga – filles », et est dirigé par le préfet André Longangé. 
L'Abbé Justin et le Préfet Longange André de son complexe scolaire Yalenga de Bumba
          Celui-ci a réussi pour la seconde fois à présenter des finalistes de deux sections sur trois que compte l’école aux examens d’Etat de l’édition 2019. Il s’agit de la section scientifique option Chimie Biologie dont 6 élèves sur 6 ont réussi ; le premier a obtenu 65 % et le dernier 53 %. La section pédagogique a mordu la poussière avec une seule réussite sur les 12 élèves qui se sont présentés. L’autre section, la littéraire ne s’est pas présenter, faute des candidats finalistes. 
Le complexe scolaire Yalenga de Bumba, fondé par l'Abbé Justin Marie Elenga
           Le Révérend Abbé Justin Marie Elenga est sans aucun doute le genre de pasteur dont l’église a tellement besoin pour le développement intégral de l’homme…

                                                                  Antonio Lisuma