dimanche 30 novembre 2014

Journée commémorative de Jubilé d'or de la Bienheureuse Anuarite Nengapeta Marie Clémentine

Journée de commémoration du 50e anniversaire de la Bienheureuse et martyre congolaise Marie Clémentine Anuarite Nengapeta à Bumba.


          Les jeunes du groupe Kizito et Anuarite (K.A. en sigle) ainsi que leurs encadreurs spirituels du doyenné de Bumba se sont retrouvés ce samedi 29 novembre 2014 à la paroisse Notre Dame de Bumba pour une messe solennelle célébrée par l’Abbé Alain Makope, vicaire de la paroisse Saint André, le Père Curé Carlos de Notre Dame étant absent de Bumba.

Abbé Alain Makope

          Débutée à 8 heures trente, la messe dont les participants étaient surtout les jeunes du groupe KA (et d’autres mouvements des jeunes tels que Bilenge ya Mwinda et ceux de la Légion de Marie), s’est terminée vers 11 heures 45.
Paroisse Notre Dame

          Ces jeunes Kizito et Anuarite proviennent de 5 paroisses que compte la cité de Bumba, à savoir : Saint André, Notre Dame, Saint Vincent, Saint Murumba et Saint Joseph d’Ebonda à 12 km.
Paroisse Saint Joseph d'Ebonda

          Déjà à la veille, lesdits jeunes ont tambour battant sillonné en caravane les artères de Bumba, scandant des chansons en l’honneur de la Bienheureuse Anuarite, à partir de la paroisse Saint André le point de départ de la caravane, pour terminer ensuite à la paroisse Notre Dame, le point focal où se dérouleront les restes des activités commémoratives du jubilé d’or du martyr de la Sœur Anuarite.
Les jeunes de groupe KA en caravane

          Après la messe, les jeunes ont pris un verre de rafraîchissement à la cure de la paroisse Notre Dame autour de l’Abbé Alain ainsi que quelques parents et invités.
Paroisse Saint André de Bumba

          Cette journée avait pour but d’aider les jeunes du groupe Kizito et Anuarite, dont l’âge varie de plus ou moins 5 à tout au plus 15 ans, à commémorer mais aussi et surtout à s’imprégner davantage de la vie de chasteté menée par la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite, à l’occasion de son Cinquantenaire qui devrait en principe se célébrer le lundi 1er décembre de l’année en cours. 
Les jeunes KA après la messe du samedi 29 novembre 2014

          Qui est Anuarite Néngapeta ?

Sœur Anuarite
Anuarite Nengapeta Marie Clémentine est née le 29 décembre 1941 à Wamba dans la province Orientale du Congo-Kinshasa. Son père s’appelle AMISI BATSHURU BATO BOBO et sa mère ISUDE Julienne. Elle fut baptisée quand elle avait plus ou moins deux ans, en même temps que sa mère et quelques unes de ses sœurs. Elle fut vraiment une fille de son peuple.
Un groupe de jeunes Anuarite, danseuses à l'église Notre Dame. 

          Anuarite ne fut pas brillante du point de vue des études mais ses supérieures reconnaissent qu’elle avait une bonne volonté et s’appliquait intensément à son travail intellectuel, surtout que réussir aux études fut, entre autres, une condition à son entrée au couvent.
          Ce fut en effet son rêve favorable auprès de sa mère, restée seule responsable de la famille, le papa ayant abandonné le foyer.
          L’entrée d’Anuarite dans la vie religieuse est considérée par certains témoins comme une « fuite ». Elle se rendit à Bafwabaka où se trouvait le noyau central de la congrégation de la Sainte Famille, sous une autorisation ferme. Elle fit son entrée au pro bondât en 1955, au postulat en 1956 et au noviciat en 1957.


          Elle fera sa première profession le 05 aout 1959 et renouvellera ses vœux temporaires jusqu’à sa mort. Son nom en religion est Sœur Marie Clémentine.
          Pendant sa vie religieuse, Anuarite fut légionnaire et avait une dévotion toute particulière à la vierge Marie. On raconte d’autre part qu’elle fut d’une force physique quelque peu étonnante pour une fille. Souvent, elle utilisait cette force pour secourir les faibles. Parmi d’autre charges et responsabilités, elle fut enseignante (monitrice) et surveillante d’école et d’internat des filles, fonction qu’elle exerça avec compétence et   dévouement. A l’internat, elle prît en charge un groupe de xaveriennes. En outre, Anuarite ne faisait pas de distinction des gens.
Pendant la messe à l'église Notre Dame de Bumba

          Elle était l’amie des faibles, particulièrement des délinquantes  qu’elle s’efforçait de convertir malgré le désaccord de ses supérieures à ce sujet précis. Pourtant, cela ne fut pas une désobéissance car elle savait se justifier et savait ce qu’elle voulait (et le réalisait aussi). De ce fait, facilement elle entrait en dialogue avec ses supérieures à qui elle donnait même de bons conseils sans complexe et de façon bienveillante.

A la messe
          Dans sa vie au couvent, Anuarite s’est donné comme devise : SERVIR ET FAIRE PLAISIR. C’est ainsi qu’elle se dépensait totalement comme volontaire pour rendre service aux autres à la cuisine, à la sacristie, au travail manuel ; elle savait aussi faire de petites surprises aux autres pour les rendre heureuses. Cela n’empêche pas qu’elle savait parfois aussi les réprimander quand elles devenaient négligentes : elle participait ainsi à leur éducation et leur formation. Ainsi se passa sa vie jusqu’en 1964, à une époque où le pays était déchiré par une sanglante rébellion.
Arrivée de la caravane à la paroisse Notre Dame

          La rébellion dans la province Orientale du Congo-Kinshasa n’épargna pas les religieuses de la Sainte Famille. Le 29 novembre 1964, alors qu’elles étaient à table, elles durent interrompre leur repas de midi : les rebelles s’emparèrent de leur maison, criant, gesticulant, sautant par les fenêtres, cassant et renversant des objets. Ils commencèrent par se partager le reste du repas des Sœurs. Ils étaient arrivés dans un gros camion, et étaient dirigés par un certain Justin SEGBANDE.
          Au moment de l’arrivée des rebelles à Bafwabaka, certaines Sœurs s’enfuient dans la brousse. Là, elles rencontrèrent leur supérieure qui était allée  cueillir des feuilles de manioc avec quelques orphelines. La Supérieure, mère Kasima, parla à ses Sœurs, les encouragea et les convainquit de regagner la communauté.
          Après diverses menaces, les rebelles ou Simba ordonnèrent aux Sœurs de faire leurs valises pour le voyage : pour les délivrer des Américains qu’ils allaient les conduire à Wamba. En cours de route, ils maltraitèrent les Sœurs et, sous l’effet de la boisson, les injuriaient et entonnaient des chansons obscènes et provocantes. Une première halte eut lieu à MAIKA où se trouvait une station de récolte et préparation d’huile de palme. Le Chef de la station s’appelait Daniel, un jeune homme de Kisangani qui avait été forcé de se joindre aux Simba, mais qui était resté attaché aux Sœurs.
          Le jeune homme les rassura : les Simba n’en voulaient pas aux religieuses africaines, mais bien aux missionnaires Européens.
          Le soir, arrivé à IBAMBI, le camion débarqua les Sœurs à la mission. Les Simba forcèrent les portes de la maison des Pères et installèrent les Sœurs dans la grande salle de séjour.
          Les Pères avaient déjà été déportés et concentrés à Wamba. Les Sœurs durent passer la nuit par terre, et eurent à supporter toutes sortes de dérangements de la part des rebelles. Pendant tout ce pénible voyage, elles ne cessaient de prier soit en privé, soit en communauté. Dans ces circonstances difficiles, Sœur Anuarite continuait à « SERVIR ET FAIRE PLAISIR » par son attitude bienveillante vis-à-vis de ses consœurs.
          Le 30 novembre vers 8 à 9 heures du matin, le camion reprit la route pour la dernière étape du voyage : le tronçon Ibambi-Isiro. Les Simba continuèrent à maltraiter les Sœurs. En cours de route, ils s’arrêtèrent à Pawa, dans le but de tuer le Docteur Lambert Swert qui y dirige une léproserie. Ils le trouvent mort ; il avait été tué trois jours auparavant. Le camion se remet ainsi en route et au carrefour Ibambi-Isiro-Wamba, il prit la direction de Wamba. Mais, à Vube, on croisa la camionnette du colonel Yuma Deo accompagné d’un officier et d’un autre gradé appelé Olombe. Les deux véhicules s’arrêtèrent et les Sœurs furent contraintes de descendre pour rendre hommage aux officiers. Yuma Deo ordonna aux Sœurs d’enlever leurs croix et rosaires, et il fit jeter ces objets dans la brousse par les Simba.
          Anuarite, elle, garda fidèlement sur elle, dans la poche de son jupon, la petite statuette de l’immaculée, malgré toutes les menaces de Simba … Elle mourra avec cette statuette. Puis, le colonel leur ordonna de remonter dans le camion pour rentrer à Bafwabaka. Mais, arrivé au carrefour de Baseane, le camion prit la route d’Isiro, au grand étonnement et désespoir des Sœurs. Elles y arrivèrent vers 6 heures du soir et furent installées dans une villa récemment abandonnée par un européen et transformée en résidence de passage du colonel Deo.
          C’est à Isiro que se situent les dernières épreuves de la Sœur Anuarite. Là, tout à coup, les Chef des Simba décidèrent de transférer les Sœurs dans une autre maison où elles passeraient la nuit dans les chambres, par petits groupes.    
          Pendant qu’on procédait à ce déménagement par véhicule, tout à coup et de manière inattendue, le deuxième compagnon du Colonel, du nom d’Olombe dit à la Mère Kasima : « vous me laisserez cette Sœur » en indiquant Sœur Anuarite du doigt. La mère Kasima comprit immédiatement qu’il voulait faire de Sœur sa femme.
          Aussi refusa-t-elle énergiquement et exigea-t-elle au contraire de rester avec sa jeune consœur. Après mille malices pour avoir la Sœur Anuarite, les bourreaux ne réussirent pas à faire partir la mère générale. C’est alors qu’ils firent expressément connaître leur intention de faire d’Anuarite la femme du Colonel Ngalo. Dans une violente discussion, Anuarite et mère Kasima, chacune de son côté, refusèrent catégoriquement de céder à cette intention, malgré les coups qu’elles reçurent. Et les menaces de mort commencèrent. La Mère Générale fut alors poussée dans une autre chambre, d’où elle pouvait néanmoins continuer d’encourager sa jeune Sœur par le regard. Pendant ce temps, on fait préparer du riz et des sardines pour les religieuses qui se trouvaient dans l’autre maison.
          Celles-ci déclarèrent qu’elles ne mangeraient que si Anuarite et la mère générale les rejoignirent. Les rebelles finirent par céder à cette exigence. On présenta ensuite aux Sœurs diverses boissons alcooliques pour les enivrer, mais elles refusèrent de les prendre. Pour sa part, bien qu’ayant rejoint ses consœurs, Anuarite a de plus en plus une conscience claire de sa mort prochaine. Elle en fait part à ses amies et leur demande de beaucoup prier pour elle. La prière était en effet le seul recours qui leur restait.
          Presqu’aussitôt après, les menaces reprirent. Cette fois-ci Olombe essaya de se réserver la Sœur Bokuma. Il recommanda à Anuarite et Bokuma d’entrer dans la voiture pour aller vers la maison de Ngalo. Les deux Sœurs se débattirent pour ne pas y entrer, et même quand on les fit entrer de force, elles parvinrent à en sortir de l’autre côté pour se réfugier auprès de la Mère Kasima. Le Colonel Olombe, ayant vraiment tenté de les faire entrer dans la voiture, se fâcha encore plus et se mit à frapper les Sœurs. Et Anuarite de lui dire : « Je ne veux pas aller commettre ce péché, si vous voulez, tuez-moi ». Olombe se mit maintenant à les frapper avec force. Pendant ce temps, Anuarite lui dit : « Je vous pardonne, car vous ne savez pas ce que vous faites ». Et malgré l’intervention de la Mère Kasima et de la Sœur Kahenga, supérieure de Bafwabaka, Olombe continua de battre les deux Sœurs de la crosse de son fusil. Finalement, les deux victimes tombèrent inanimées. Sœur Bokuma avait le bras cassé à plusieurs endroits et ne bougeait plus. Sœur Anuarite remuait encore un peu la jambe. Toujours furieux, Olombe se mit à hurler : « Simba, venez vite on veut me tuer… ». Deux Simba arrivèrent alors, et comme il n’y avait pas de fusil, Olombe leur ordonna de transpercer la Sœur Anuarite  de leur long couteau (baïonnette) jusqu’au cœur. Et ils le firent plusieurs fois. A chaque coup, un gémissement étouffé sortait des lèvres de la Sœur. Olombe prit enfin son revolver et lui tire une balle dans la poitrine. Sans réagir, la Sœur Anuarite était en train de rendre l’âme.
          Ce fut le 1e décembre 1964 vers 1 heure du matin. La Sœur Kahenga annonça l’épisode aux Sœurs qui se trouvaient dans la maison. Elles se mirent toutes à prier. Olombe, furieux entra dans la maison, leur interdit de prier et leur demanda d’aller chercher le corps de la martyre. Sœur Bokuma et Sœur Nabeane, qu’on avait également frappée, furent pour leur part conduites à l’hôpital.
          Le procès de béatification de la Sœur servante de Dieu, Sœur Marie Clémentine Anuarite Néngapeta a été ouvert, conformément aux lois ecclésiastiques le 13 janvier 1978 près l’Archevêché de Kisangani. Elle fut béatifiée par le pape Jean Paul II en la fête de l’Assomption le 15 août 1985 à Kisangani.
          Et l’Eglise lui a consacré la date du 1e décembre, pour commémoratif de sa mort ou plus tôt « jour anniversaire de sa naissance au ciel ».  
 
                                                       Propos recueillis par  Antonio Lisuma. 
                                                       E.mail: lisumaantonio@yahoo.fr
                                                       Tél.: 00243 997 72 94 13
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lundi 24 novembre 2014

Installation d’une nouvelle équipe dirigeante
pour les quartiers et C.E.V. de la paroisse Notre Dame de Bumba.


Le Père Curé entouré de la nouvelle équipe des "Bakambi"

          La paroisse Notre Dame de Bumba était en effervescence ce dimanche 23 novembre pendant la première messe à l’occasion de l’installation par son Curé le Révérend Père Carlos Rommel d’une nouvelle équipe dirigeante des quartiers et de sous-quartiers ou communautés ecclésiales vivantes (C.E.V. en sigle) dits « masanga » en lingala que compte la paroisse Notre Dame.


La bénédiction par le Curé de la Paroisse du nouveau Mokambi de quartier Saint Paul. 

"Molendisi" Aloga reçoit sa bénédiction


La nouvelle équipe dirigeante des quartiers et des C.E.V. dans l'église Notre Dame


Le Père Curé fait habiller le nouveau Mokambi du Quartier Saint Paul, Abugaza Vincent Magbunda
          Les quatre « Bakambi » ou dirigeants de quatre quartiers, ainsi que les trente-trois « Balendisi » ou dirigeants de trente-trois C.E.V. de la paroisse Notre Dame ont tous reçu la bénédiction du Curé, inaugurant ainsi une nouvelle année des activités paroissiales à la paroisse Notre Dame.  
Le cure fait habiller Mokambi Norbert Gongu du Quartier Sainte Caroline

Cérémonie de la prise d'épée de Mokambi Adélard Mokobe,
on peut voir aussi deux femmes Balendisi dans son quartier Saint Raphael
          Elus aux suffrages universels depuis plus d’une semaine par les chrétiens regroupés au sein de chaque C.E.V., les « Balendisi » ont à leur tour organisé au sein du conseil des quartiers l’élection de leurs chefs de quartiers dits « Bakambi ».


          Le quartier Saint Pierre, constitué de 9 C.E.V. (Mobongisi, Bondeko, Bolingani, bosalisani, Mwinda, Elikya, Molende, Bwanya et Mabongi), a réélu Monsieur Endoto Gaspard pour se succéder à lui-même à la tête de ce quartier. 
Cérémonie de prise d'épée de Mokambi Endoto Gaspard de quartier Saint Pierre

          Le quartier Sainte Caroline, constitué de 10 C.E.V. (Bolingani, Boboto, Boyambi, Bosembo, Boyokani, Mpiko, Mobondi, Bokebi, Elikya et Monyele) a également reconduit son ancien Mokambi Monsieur Norbert Gongu à la tête du quartier.
Après la messe, un verre de rafraîchissement au Nganda OCC
          Quant au quartier Saint Paul, constitué de 7 C.E.V (Bolingani, Bondeko, Mobondi, Bosawa, Libiki, Elikya et Bosolo ) y compris l’île de Penzekeni, a plutôt élu un autre « Mokambi » en la personne de Vincent Magbunda, préférant ne plus évoluer avec l’ancien « Mokambi » Monsieur Mabiti André. Le nouveau Mokambi Vincent Magbunda est un ancien Abugaza Initiateur des Jeunes de Lumière (Bilenge ya Mwinda) de la même paroisse.
Un rafraîchissement au Nganda OCC

          Enfin, le quartier Saint Raphael, comprenant 6 C.E.V. (Bopeto, Elikya, Bonsomi, Esengo, et Boboto) a reconduit l’ancien Mokambi Monsieur Adélard Mokobe, un autre Abugaza Initiateur des Bilenge ya Mwinda de la même paroisse.

                                                                   Antonio Lisuma













dimanche 9 novembre 2014

Papa Gbabu Théophile n’est plus
Monsieur Gbabu Théophile
          Monsieur Gbabu Bonzo Théophile, agent de service de l’urbanisme et habitat du territoire de Bumba n’est plus. Il a rendu l’âme ce mercredi 5 novembre 2014 suite d’une longue maladie liée à la paralysie. Il était enterré le jeudi 6 novembre 2014 dans son village d'origine à Bonzo, à quelques 35 Km de Bumba.


          Né du couple Nzalo Mohila et Moseka Ehole le 27 juillet 1920 dans son village de Bonzo, monsieur Gbabu a fréquenté le groupe scolaire d’Alberta aujourd’hui Ebonda vers les année 1930 avant d’aller ensuite faire des études de navigation fluviale et lacustre à Kabalo dans le Katanga où il travailla comme commandant des bateaux tant au lac Tanganyika, au fleuve Lualaba (amont du fleuve Congo) qu’au fleuve Congo (de Kisangani à Kinshasa).

Papa Gbabu en costume avec sa famille
          Il laissa ensuite la navigation avec cette vie de « nomade » pour venir s’installer dans son territoire de Bumba où il assuma des fonctions politiques au sein du MPR (Mouvement populaire de la révolution) et au bureau administratif comme Chef de Cité de Bumba avant de se caser au service de l’urbanisme et habitat du territoire de Bumba jusqu’à sa mort.
En route vers l'enterrement à Bonzo, à quelques 35 Km de Bumba, ici on attend le véhicule pour le transport

          Au cours de sa carrière politique, monsieur Gbabu a marqué les esprits bumbatraciens par son sens de courage et de détermination : il vint s’installer dans le quartier ouest de la cité vers la rivière Molua, que la cité attribua son nom : « quartier Gbabu » qui, jadis n’était qu’une brousse non fréquentée, et c’est grâce à son courage de venir s’installer seul dans le quartier que les autres imitèrent et vinrent aussi s’y installer jusqu’à connaître le développement démographique que l’on connait aujourd’hui.
Les membres de famille à son domicile sur avenue du 3 Z au quartier Gbabu à Bumba.

          Monsieur Gbabu Théophile s’est aussi distingué par son style d’habillement, il était un homme élégant, toujours en costume trois tissus, avec des chemises blanches impeccables, des souliers noirs et bien cirés, se promenant avec élégance et bienveillance… 

          Marié à cinq femmes, feu Gbabu laisse derrière lui 38 enfants dont 12 filles. Quelques uns de ses fils sont aujourd’hui aux Etats-Unis et en Europe. Que son âme repose en paix !

                                                                               
                                                                                                             Antonio Lisuma   

vendredi 7 novembre 2014

Cérémonie de « saut » des « Bilenge ya Mwinda »
à la paroisse Notre Dame de Bumba

          La paroisse Notre Dame de Bumba était en effervescence ce dimanche 02 novembre 2014 à l’occasion de la cérémonie de saut des « jeunes de Lumière » appelés Bilenge ya Mwinda en lingala.
Les jeunes de Lumires de la Lucidité 2 ayant fait le saut ce dimanche 2 novembre 2014
         
          Après ses longues vacances passées en Belgique, la terre de ses ancêtres, le Père Curé Carlos Rommel a eu à célébrer avec enthousiasme cette grande messe des jeunes de Lumière dans sa paroisse. 

Messe célébrée par le Père Curé Carlos Rommel

          31 jeunes de Lumière dont 16 filles et 15 garçons venaient de terminer leur première étape de formation annuelle dite Lucidité 1 (ou « Elikya » en jargon de la paroisse Notre Dame de Bumba) au sein du groupe cher à Matondo Kwa Nzambi qui l’a créé en 1974 et qui s’est répandu à travers presque tout le pays.


          Lesdits jeunes ont appris les « 16 mystiques » et la morale « 5B », sortes d’enseignements destinés au changement du comportement et de la personnalité, appelé le « métanoia » du jeune. Celui-ci est appelé à laisser les anciennes habitudes païennes de vie de vol, de bagarre, de prostitution, de chanvre et de boisson alcoolique, pour se transformer en honnête et humble jeune chrétien, jeune de Lumière et bon étudiant à l’école.
     
          Débutée à 9 heures et demie pour se terminer trois heures plus tard, la messe de jeunes pas comme les autres a connu la participation on ne peut plus massive des fidèles venus nombreux accompagner leurs enfants, amis, frères ou sœurs jeunes de lumière.
          La cérémonie du saut eut lieu peu après l’homélie du Curé sur les huit béatitudes prévues pour la fête de toussaints. Elle s’est divisée en deux étapes, à savoir la cérémonie de la prise de la bible, la parole de Dieu, et celle de la prise de bougie, symbole de la Lumière du Christ qui éclaire le monde.
Bougie ekopela...

          Ils vont à présent continuer leur formation à la deuxième étape dite Lucidité 2 (ou Boboto), laquelle formation sera toujours donnée par les Abugaza qui leur enseigneront désormais l’Evangile selon Saint Jean.
Nayambi buku eke ...



           Après réception de la bible et de la bougie au près de leurs « Balendisi » (les dirigeants des CEV, cellules ecclésiales vivantes), les jeunes se sont acheminés à l’autel pour recevoir la bénédiction du prêtre et ont ensuite entonné en chœur le chant initiatique en lingala : « Nayambi buku eke o loboko e la Anzelu wa Mokonzi… » qui signifie : « Je reçois le petit livre de la main de l’Ange du Seigneur… ».
Repas autour du Père Curé


          L’ambiance de la fête s’est poursuivie après la messe dans la cure où un cocktail fut partagé autour du Père Curé, avant que les jeunes agrémentent la partie par des chants initiatiques des jeunes de Lumière…
Animation et chants initiatiques


                                                                      Abugaza  Antonio
 



















vendredi 24 octobre 2014

Le retour du Père Carlos à Bumba après les vacances de Belgique


Retour du Père Carlos à la paroisse Notre Dame de Bumba
          Les fidèles de la paroisse Notre Dame étaient dans la joie d’accueillir ce mercredi 22 octobre 2014 vers 15 heures le Révérend Père Carlos Rommel leur Curé qui était parti pour un long séjour des vacances en Belgique, la terre de ses ancêtres.
La joie des retrouvailles avec ses ouailles

          Le Révérend Père Carlos est donc revenu à bord d’un régulier de la Compagnie Africaine d’Aviation CAA, en compagnie de la dame Marleen, une infirmière accoucheuse qui était déjà arrivée à Bumba vers les années 1990.
Marleen

Madame Marleen

          De nombreuses personnes étaient présentes à la cure attendant l’arrivée de l’homme de Dieu, le septuagénaire Curé Doyen du doyenné de Bumba.
          L’accueil était organisé comme d’habitude au balcon de la cure. On pouvait remarquer quelques membres des œuvres sociales du Père Carlos, à savoir les représentants des écoles du complexe scolaire Notre Dame comprenant une école maternelle, deux écoles primaires, et deux écoles secondaires, les représentants de l’Hôpital Notre Dame, ainsi que quelques paroissiens dont les plus remarquables étaient les courageuses mamans catholiques.
Les mamans "Katoliko"

          Avec joie aux lèvres, et au cri de  « vouvouzela », les paroissiens ont manifesté leur joie de voir leur aimable prêtre et Curé rentrer au bercail, rajeuni et plein de santé, après un séjour bien profité en Belgique et en Europe.
A la sortie de la messe du dimanche
          Des cadeaux constitués principalement des poulets, des fruits et des œufs furent présentés au Père qui les accueillit avec gratitude et simplicité avant le discours de circonstance présenté par la collégienne Kashelewa Thérèsia de 1ère année.
Thérèsia Kashelewa fait son discours



Le cadeau des élèves de l'école maternelle Notre Dame

Des cadeaux des collégiennes




          Le Père aussi présenta ses remerciements, transmis les salutations de ses frères et sœurs « qui sont déjà des mpaka » disait-il (c’est-à-dire vieux en lingala), et parla de son long séjour en Europe, et de la visite qu’il a effectué à Groenland, cette terre polaire couverte de neige et de fraicheur à outrance, avant d’inviter ses ouailles au partage de la bière PRIMUS et TURBO, en guise de retrouvailles et le début d’une nouvelle année du travail au sein de la paroisse Notre Dame de Bumba.
A la fin de la messe de samedi 26 octobre 2014 au matin

                                                           Antonio Lisuma
                                                           lisumaantonio@yahoo.fr
   





















jeudi 16 octobre 2014

LYDIE BODELE vient de terminer ses études en médecine
Lydie Bodele

          Elle s’appelle Lydie BODELE, elle est la troisième dans une famille de huit enfants dont trois garçons et cinq filles issus de Monsieur Willy Bodele, le Chef du Personnel des ouvriers de la paroisse Notre Dame de Bumba, et de la maman Kabangi Sabine, une femme ménagère et propriétaire d’un petit « Nganda » de la bière.
Lydie avec son Père Willy et sa mère Sabine

          Née à Yambuku, le 21 avril 1987, Lydie a aujourd’hui 27 ans. Elle a commencé ses études à l’école primaire Notre Dame du directeur Jules Akanga de 1992 à 1997, puis elle s’est inscrite au Collège Notre Dame où elle étudia en section scientifique jusqu’à l’obtention du diplôme d’Etat de l’option Math-Physique en 2004, l’année de la troisième promotion de ladite école, la meilleure école secondaire de Bumba, et même de la province éducationnelle Equateur IV.
Docteur Lydie Bodele
          En 2006 elle s’en alla entamer les études supérieures dans la faculté de  médecine à l’Université de Graben à Butembo, à l’Est du pays, jusqu’à les terminer en septembre 2013 ; puis elle ajouta une année de stage dans un hôpital à Butembo même, attendant une autre année de stage qui va immédiatement suivre ici à Bumba, ou ailleurs.
          Pour fêter ses succès universitaires ainsi que les retrouvailles avec sa famille, ses amis, frères et connaissances de Bumba, un verre de réjouissance organisé par sa famille fut partagé au bar OCC de Monsieur Cardin Lungi, où prirent d’assaut quelques personnalités de Bumba : des enseignants, des médecins, des amis de son père et de sa mère, les jeunes du quartier, etc.
Lydie en compagnie des docteurs: Eugène Pandala à gauche et Jackson Liambi à droite

          Vers 17 heures, monsieur Adélard Mokobe, son ancien enseignant de l’école primaire, maintenant enseignant au Collège Notre Dame prit la parole pour la modération ; il commença par la prière, et lu ensuite la biographie de Lydie. Il poursuivit en remerciant tous ceux qui ont fait de Lydie ce qu’elle est devenue aujourd’hui: ses enseignants tant du primaire, du secondaire que de l’Université, ses encadreurs spirituels du groupe KA (Kizito et Anuarite), et du groupe Bilenge ya Mwinda, ainsi que le Père Carlos, qui l’ont inculqué des notions de spiritualité chrétienne qui l’aida beaucoup dans son parcourt scolaire et universitaire.

          Monsieur Adélard invita enfin Lydie en personne pour un petit mot de circonstance. Celle-ci répéta les mots de remerciements que ceux du modérateur et invita tous ses invités à l’ambiance du soir, au repas et à la boisson. 
La Soeur Francine e en plein exhibution de danse congolaise

          La soirée dansante au rythme de la musique congolaise et africaine se poursuivit jusque tard tard dans la nuit. 

                                                                       Antonio Lisuma









 

lundi 13 octobre 2014

Prolifération des Institutions supérieures et universitaires à Bumba.

          La politique d’essaimage depuis longtemps prônée par Pascal Ndudi Ndudi, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire du gouvernement Mobutu vient de produire à ces jours ses réels effets à Bumba. Cette politique relative à la création des Instituts supérieurs et universitaires sur tous les chefs-lieux de province du Zaïre à l’époque, transcende les frontières souhaitées pour se réaliser au niveau du territoire même.
           Le territoire de Bumba est parmi les bienheureux bénéficiaires de ladite politique. Sa cité s’en réjouit d’en compter, au surcroit de ses trois vieilles institutions supérieures ISP-Bumba, ISTM-Bumba, ISTA-Ebonda, six autres nouvellement créées tout en négligeant deux encore en gestation. Ce qui portera à 10 le nombre total des instituts supérieurs et universitaires pour un territoire de plus de 270 000 habitants.


Le bâtiment de l'ISTM à l'Hôpital Général de  BUMBA


          Il s’agit de : ISP-Bumba, ISTM-Bumba, ISTA-Ebonda, ISEA-Loeka, ISTP-Bumba, CEPROMAD-Bumba, ULB, UPML-Bumba, plus les deux autres embryonnaires : ISTM-Mongala et ISP Mongala qui seront  opérationnelles dès l’année académique prochaine.
           Il semble que l’abondance des biens ne nuit jamais. Toutes ces 10 institutions supérieures  et universitaires viennent combler à pas de tortue le grand retard que connait le territoire de Bumba par rapport aux autres en termes d’intellectuels.
          L’ISP-Bumba, l’ISTM-Bumba et l’ISTA Ebonda avec les fruits de leurs entrailles ressortis depuis leur ouverture en territoire de Bumba, avouons-le, ont fièrement remonté la pente de l’enseignement et de la santé vers un personnel d’une certaine qualité.
          La sous-qualification dont souffraient surtout l’enseignement et la santé à Bumba n’est plus au rendez-vous grâce à cette heureuse politique d’essaimage.
          Tout en créant de nouveaux emplois en territoire de Bumba, lesdites institutions supérieures ont encore encouragé tous les vieux diplômés qui avaient perdu tout espoir d’étudier, étant données que les institutions supérieures et universitaires traditionnelles étaient basées très loin de leur milieu de reprendre bien que veillant le chemin des études.

          Pour preuve, quatre-vingts pourcent d’étudiants de ces ISP et universités ont l’âge oscillant de 40 à 60 ans. Ce sont donc des fonctionnaires pour la plupart des cas.
Le bâtiment de l'ISP à l'Institut Lokole de Bumba

          Néanmoins, ces institutions supérieures et universitaires anciennement comme nouvellement créées se heurtent à de graves difficultés pouvant parfois ternir l’espoir du bumbatracien attentif. Avec une panoplie de facultés et de départements ouverts dans chacune des ces institutions, surgissent avec le plus d’acuité de sérieuses difficultés que voici :

1          - Carence de vrais instituts secondaires dignes de ce nom à l’instar du Collège Notre Dame pour fournir plusieurs candidats étudiants ayant une très bonne cotation aux Examens d’Etat. En d’autres termes, il n’y a pas une bonne qualité de candidats étudiants pour un si grand nombre d’institution supérieure à Bumba.
2      - L’absence de bâtiments sédentaires pouvant abriter chacune de ces institutions ambitieuses.   
3           -  L’absence d’un personnel enseignant de haute facture à temps pleins, la plupart sont importés.
4           -  Le coût élevé des frais de mobilité pour importer, le cas échéant, les professeurs.
5           - L’absence crime d’une bibliothèque pour un monde qui se veut universitaire.
6        - La crainte de non entérinement de titres scolaires ou diplômes, cas des institutions supérieures nouvellement créées.
Le bâtiment de CEPROMAD à l'école primaire MILOLI


          Loin encore de décourager les heureuses initiatives de braves fils et filles de Bumba,  nous les exhortons plutôt à y mettre surtout du sérieux en honorant nos désidérata exprimées sous forme de craintes ou d’inquiétudes pour une formation non à la six-quatre-deux mais au contraire pour une formation élitiste, compétitive dont le Congo a grandement besoin.    
                                                                               Rodrigue Modandi

                                                                               Antonio Lisuma