vendredi 17 avril 2020

Marché central: les mesures préventives du coronavirus ralentissent l’écoulement des marchandises


Marché central: les mesures préventives du coronavirus ralentissent l’écoulement des marchandises

                           Depuis que les mesures préventives contre la pandémie du coronavirus sont décrétées sur toute l’étendue du territoire national, les articles surtout d’habillement et de coquetterie qui s’écoulaient un peu rapidement les semaines passées se vendent actuellement au ralenti au marché central de Bumba où les vendeurs de ces articles se plaignent de voir leurs recettes journalières s’amoindrir. Ce qui leur rend la tâche difficile de normaliser leurs activités commerciales.

                        Se confiant à nous, quelques-uns de ces marchands n’ont pas manqué à nous témoigner leur indignation face à cette situation désastreuse qui leur donne du fil à retordre. C’est en ces mots qu’ils s’indignent : « Depuis que ces mesures prises contre la pandémie du coronavirus sont décrétées, nos activités commerciales ne font que tourner au ralenti. Les semaines passées, les marchandises s’écoulaient un peu rapidement. Maintenant, il nous paraît difficile de capitaliser des recettes importantes. Parfois nous passons des journées entières sans écouler ne fût-ce qu’un article. Ce qui peut facilement conduire en faillite nos économies.»

                      Cependant, le manger étant un besoin primordial, seuls les vivres et les articles de première nécessité s’achètent bien. Quant aux vendeuses et vendeurs des produits destinés à l’alimentation, ils ne subissent pas cette difficulté de ralentissement d’écoulement des articles, car ne connaissant aucun freinage, leurs activités tournent à la normale.

                        
 
 
                         Que faire pour pallier cette difficulté à laquelle se butent ces marchands bumbalais? Répondre avec exactitude à cette question paraît pour l’instant un exercice difficile ; car étant une catastrophe naturelle, le fléau qui en est la cause continue à secouer l’humanité dans son entièreté et  prive du sommeil les chercheurs et virologues de la planète qui s’époumonent pour y remédier.

Bienvenu Balomao

jeudi 16 avril 2020

Professeur José Mangungu Ekombe: Comment peut-on détruire un pays doucement ?



 Comment peut-on détruire un pays doucement ?
Réfléchissons un instant avec le Professeur José Mangungu Ekombe Endambe
Et réagissons…
Professeur José Mangungu Ekombe

          Tout acte posé par un groupe ou par individu produit des effets positifs et négatifs, prévus  ou imprévus, immédiats ou tardifs. Il est à noter qu’il n’y a pas de faits sans effets, même si ces effets nous laissent indifférents ou si nous ne les percevons pas. Il convient de savoir que l’absence d’actions ou de réactions devant certaines situations peut aussi avoir des conséquences, parfois très fâcheuses sur l’individu, sur son groupe et sur son milieu. Un groupe ici peut compter quelques individus ou englober toute la population d’une région ou d’un pays,
          Voyons comment à l’aide de quelques exemples, l’action ou l’absence d’actions, voire l’absence de réaction face à certaines situations, pourraient générer des conséquences imprévisibles dans la marche d’un pays lorsque les esprits sont profondément préoccupés en majorité, par tout autre chose que les plus importantes. La situation ainsi créée n’est souvent pas perçue comme la conséquence directe ou indirecte d’actions, de réactions ou d’absence des deux dans un milieu. Ce milieu peut être un pays tout entier.
Quand vous aurez à gouverner votre pays, tout sera à votre portée et ce sera à vous de décider.

Par exemple :
·         Si vous voulez faire de votre pays un mendiant international, c’est simple : gérez mal les finances publiques, appliquez méthodiquement le favoritisme, le tribalisme, la corruption, le vol de l’argent et des biens de l’Etat, l’impunité ;
·         Si vous voulez obtenir un peuple complétement idiot, un peuple inconscient, irresponsable et ignorant, payez mal les enseignants - de la maternelle à l’université- ;
·         Si vous voulez voir l’Administration de l’Etat corrompue, tracasserie, nuisible au plus haut point, inefficace et parfaitement inutile au développement du pays, payez mal les Fonctionnaires de l’Etat ;
·         Si vous voulez une armée faible, défaillante, une armée prête à trahir la nation au profit de l’ennemi : négligez son équipement de combat, son intendance ; découragez la bravoure et la compétence dans ses rangs et payez mal les militaires ;
·         Si vous voulez perdre votre pays ou une partie de sa superficie, négligez l’état des routes et des ponts car, en cas d’invasion militaire, votre propre armée sera incapable de déplacer ses troupes et de repousser l’ennemi hors de vos frontières ;
·         Si vous voulez trahir votre peuple et vendre votre pays, aimez démesurément l’argent, le pouvoir et la popularité ;


·         Si vous voulez participer à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et autres marchandises, désorganiser l’économie de votre pays, laissez les voies de communication se délabrer tranquillement dans l’indifférence totale ;
·         Si vous avez envie d’empêcher vôtre peuple de réfléchir mûrement sur son sort et de trouver des solutions adéquates à sa situation, entrainez-le dans une distraction effrénée, partout et à tout moment du jour et de nuit ;
·         Si vous voulez affaiblir votre nation, semez la division en tous genres : tribalisme, sectaire, sociale, politique…
·         Si vous voulez protéger et encourager les malfaiteurs dans leurs activités préjudiciables, payez mal les salaires des Juges qui siègent dans les Cours et Tribunaux ;
·         Si voulez assister à la dégradation des mœurs, à l’abandon des valeurs qui fondent et qui sauvegardent votre société, entretenez la population dans la pauvreté par tous les moyens possibles ;
Route mal entretenue dans le tronçon Bumba - Lisala
·         Si vous gardez le peuple dans la pauvreté, il vous obéira au doigt et à l’œil, il se prostituera devant l’argent, même devant celui de l’ennemi qui convoite les richesses de votre pays et qui rêve de s’emparer astucieusement en vous ruinant :
·         Si vous voulez voir les voyous à peine arrêtés et aussitôt remis en liberté et qui narguent avec arrogance les paisibles citoyens, victimes de leurs délits et crimes, payez mal les policiers et les gardiens des prisons ;
·         Si vous voulez éteindre le génie en gestation de la jeunesse de votre pays, et si vous voulez empêcher les enseignants de mieux préparer leurs cours – toute quiétude – et les élèves de réviser leurs leçons – dans les meilleurs conditions – autorisez la musique et autres tapages partout dehors, en plein air, tous les jours, depuis le matin jusque tard dans la nuit ;
·         Gouverner mal votre pays, personne ne l’aimera vraiment, même pas ses propres fils et ses propres filles qui ne chercheront qu’à le quitter pour aller vivre mieux à l’étranger. Pour ceux qui y restent, ce sera alors le règne de chacun pour soi et de la mendicité pour tous, un règne écrasant sur votre population affaiblie, affamée, misérable et très appauvrie.
Lérosion ronge petit à petit l'avenue du fleuve, au bord du fleuve Congo

·         Un peuple sans fierté d’appartenir à une nation digne d’éloges est un peuple complexé, vaincu et méprisé dans le monde ;
·         Un peuple adversaire de lui-même s’expose à l’autorité de l’étranger qui comblera ses besoins là où l’Etat est défaillant. Le pays deviendra alors une colonie internationale. A propos, ne jamais oublier que la main qui donne est celle qui commande. En tant que colonie internationale, dites adieu à vos richesses, à votre indépendance, à votre dignité humaine et patriotique.

                                                             Propos recueillis par Antonio Lisuma           

L’interview accordée par le Docteur José Mangungu, Professeur à l’ISP Bumba


L’interview accordée par le Docteur José Mangungu,
Professeur à l’ISP Bumba

Revenu à Bumba, sa terre d'origine, après un long séjour européen, l'éminent Professeur Docteur José Mangungu Ekombe nous livre ses impressions après un bout moment passé à Bumba où il enseigne à l'Institut supérieur pédagogique de Bumba:
Le Professeur Docteur José Mangungu Ekombe
1)    Pouvez-vous, monsieur le professeur, nous parler de vous-même, la naissance, les études primaires, secondaires et universitaires ?
Volontiers. Je suis originaire de Bandala, à quelques pas de la ville de Bumba.
Je suis né à Basoko vers la fin des années 1940, car mes parents, Adrien Mangungu et Eulalie Ebende vivaient à Lokutu, une localité au bord du fleuve Congo, à la rive opposée du territoire de Basoko, où était implantée la compagnie agro-industrielle des Huileries du Congo-Belge (ex PLZ, aujourd’hui PHC), dans laquelle travaillait mon père.
Je suis donc le cadet d’une famille de quatre enfants dont trois filles aînées. Deux de mes sœurs sont encore en vie.
Mes études primaires, je les ai faites dans différentes écoles, vu l’insécurité politique qui régnait au Congo, aux années de l’Indépendance : j’ai d’abord commencé à Basoko, puis  à Bumba, à l’école primaire Notre Dame (actuelle Ngito) ; ensuite, vers 1962 ou 1963 j’ai intégré le groupe scolaire d’Ebonda (ex Alberta) et y suis resté jusqu’au cycle d’orientation, où j’ai même bénéficié des enseignements de Français du tout jeune prêtre qui venait d’arriver, le Révérend Père Carlos Rommel. C’est alors que je suis allé m’inscrire aux Humanités sociales de Gombe à Kinshasa, à Rizes (ou quelque chose comme ça), l’école qui se situait au même bâtiment où se trouve actuellement la Faculté des Sciences de l’Information (entre l’INSS et l’Hôpital Maman Yemo), jusqu’à l’obtention de diplôme d’Etat en 1968.
L'école primaire Ngito (ex Notre Dame) de Bumba
Je me suis aussitôt rendu à Shabunda au Kivu (actuelle province de Sud-Kivu) pour travailler pendant deux ans comme enseignant à l’Athénée de Shabunda, où j’enseignais les cours de Français, de géographie et d’histoire aux élèves du premier cycle de secondaire, avant d’aller m’inscrire à l’Institut supérieur pédagogique de Bukavu, l’un de meilleurs ISP du Zaïre, et j’y ai évolué jusqu’à la licence, après laquelle je fus retenu comme Assistant, et en même temps nommé Directeur-Adjoint de l‘EDAP (l’école d’application) de l’ISP Bukavu en 1975.
Ecole primaire des garçons à Ebonda
2)    Vous avez ensuite quitté le Congo pour vous rendre en Europe ?

Oui. Etant Assistant à l’ISP Bukavu, et vu la prouesse de ma prestation, j’ai eu cette opportunité de bénéficier des titres de voyage d’études.
C’est en effet l’ISP Bukavu qui m’avait envoyé en Europe, pour soutenir ma thèse de doctorat en géographie, et revenir au pays selon les termes de contrat qui avaient été signés entre le Zaïre, à l’époque, et la France, lequel contrat stipulait de remplacer les enseignants Français qui y donnaient cours. C’est dans ce cadre-là que suis allé en Europe, en France, plus précisément à Bordeaux vers la fin de l’année 1979. J’ai donc réussi à soutenir ma thèse de doctorat en géographie, plus spécialement axé sur le développement, à l’Université de Bordeaux II en 1981.  Il a fallu donc que je revienne ensuite au Zaïre, mais je suis resté en France dans l’attente du billet-retour puisque selon les accords conclus à l’époque entre le Zaïre et la France, la France payait le billet-aller, et le Zaïre devrait se charger du billet-retour ; mais, malheureusement après les études, ce billet retour je l’ai attendu pendant des années…   
Cependant, J’ai réussi pendant mon séjour en France et ensuite en Belgique à animer des conférences, à produire certaines émissions radiophoniques dans le cadre du journalisme, à diriger comme Berger le groupe de prière œcuménique, et à écrire des livres dont les plus importants sont : 1°/ Conquérir la terre Promise ?(l’an 2000), 2°/ Nouvelle mesure sur les sociétés d’Etat, espoir d’une réelle démocratie ? (2008), 3°/Quelle prière pour le Congo (2013), 4°/La prière charismatique (2013).

3)    Pourquoi avez-vous quitté l’Europe où vous étiez déjà installé et vous êtes revenu en RDC et plus précisément à Bumba pour travailler ?

C’est pour préparer mes remplaçants dans tout le domaine de vie ; que ce soit à l’enseignement sur plusieurs plans, comme écrivain, comme enseignant, comme conférencier, peut-être aussi comme tout simple citoyen ou comme chrétien, donc j’aimerai que dans chaque domaine, qu’il y ait des gens qui puissent peut-être avoir le petit éclairage de ma part, si  je peux  leur apporter pour faire mieux, pour se développer. C’est là ma contribution dans le domaine de l’éducation ou de la formation des cadres de demain, dans l’édification d’un Etat fort, digne et développé, pour un avenir meilleur.

Le bâtiment de l'ISP Bumba
4)    Ces remplaçants, s’agit-il des membres de votre famille ?
Mais non, il s’agit bien évidemment des jeunes intellectuels, de tout jeune intellectuel, c’est-à-dire toute personne qui soit en contact avec moi, qui puisse puiser quelque chose de ma part ; comme je suis maintenant professeur, je souhaiterai que je puisse former les futurs professeurs d’université ; si un jour j’occupe un autre poste de responsabilité, ce serait non pas pour m’éterniser à ce poste, mais c’est pour préparer ceux qui devraient me remplacer à ce poste-là, ceux qui devraient succéder à moi, et ce, dans tous les domaines. Si par exemple, dans le domaine de la littérature, il y a quelqu’un qui veut m’imiter à écrire des livres, ou pour animer des conférences, etc., je suis disposé à l’aider, à l’encadrer…  
        
5)    Etes-vous revenu en RDC et plus précisément à Bumba uniquement pour travailler à l’ISP Bumba ?
J’ai découvert pendant mon séjour européen et au cours des conférences que j’ ai tenues à Bordeaux que les congolais ne s’intéressent pas vraiment au domaine du savoir, si on les comparait aux européens et à une certaine mesure aux autres africains ; mais ils s’intéressent beaucoup plus à des fêtes ou à des démonstrations de danses et consorts… Et si on considérait les congolais eux-mêmes, les Bangala occupent la dernière position, comparativement aux Baluba qui sont extrêmement curieux du savoir, suivis des Bakongo et d’autres groupes sociaux congolais… dont la proportion dépasse de loin les Bangala…
C’est dans cette optique que j’ai préféré quitter l’Europe et revenir ici à Bumba, à ma source Bangala pour secouer l’arbre à la source, afin que je contribue tant soit peu à l’édification d’une bonne éducation des jeunes bangala, à la formation des chercheurs, ne serait-ce qu’un noyau, lequel perpétuera notre œuvre.
Certes, c’est un travail de longue haleine, mais il faut y tenir, et continuer à donner le goût du savoir à nos compatriotes Bangala, de les former et les amener à la culture de la lecture des livres, à la recherche scientifique, bref de leur inculquer le goût des sciences.
6)    Quelle est la valeur des Institutions supérieures et universitaires trouvées ici à Bumba ?
À mon humble avis, ces Instituts n’ont surtout comme objectif que celui de délivrer des diplômes aux étudiants plutôt que de leur inculquer du savoir ou de la formation. Les étudiants qui y sont inscrits ne viennent que pour avoir les papiers qui s’appellent les diplômes. Si vous ne leur donner pas, vous aurez des problèmes avec eux ! Ils ne viennent chercher que le diplôme, pas la formation.
Que pensez-vous d’un auditoire où, presque tous les étudiants, les forts, si minoritaires soient-ils et les faibles, si nombreux soient-ils, parviennent presque tous à réussir à la fin de l’année académique ? On conclurait qu’on ne s’est préoccupé qu’à leur délivrer le diplôme, peu importent les tests et évaluations effectués.
Les dirigeants de ces institutions devraient plutôt veiller à appliquer la rigueur scientifique, donc privilégier le savoir afin de produire la qualité, c’est-à-dire se préoccuper davantage à la formation des jeunes pour qu’au finish, le gradué soit vraiment un gradué digne de ce nom, que l’ingénieur soit digne de ce nom, que le licencié le soit vraiment, etc., peu importe le nombre de réussite. 
"Je suis revenu à Bumba pour préparer mes remplaçants..."
       
7)    Et quel est le niveau intellectuel des étudiants dans ces Institutions supérieures et universitaires ?
Il est médiocre. En parcourant les papiers d’examen de ces étudiants, l’on se coupe le souffle et l’on se demande comment ceux-ci sont parvenus jusqu’à l’université ? Comment quelqu’un qui ne sait pas formuler correctement des phrases peut-il se retrouver à ce niveau d’études supérieures ?
Et j’ai dès lors compris qu’il faut une prise de conscience générale et à tous les niveaux de l’enseignement en RDC, en commençant bien sûr aux écoles primaires et secondaires, pour privilégier la qualité de l’éducation. Si nos enfants ont une base éducationnelle solide au niveau du primaire et du secondaire, alors on pourrait espérer récolter de bons résultats aux universités.  
 J’estime enfin pour ma part que tout le monde a sa part de responsabilité dans la réussite d’une bonne éducation dans notre pays : les enseignants, les parents, les élèves et le gouvernement congolais. Chacun dans son domaine doit changer pour le mieux : les parents doivent scolariser leurs enfants et leur fournir matériels et équipements nécessaires pour mieux étudier ; les enfants, filles tout comme garçons, doivent avoir l’amour de l’étude et faire davantage des devoirs ou des travaux personnels.  Ils ne doivent jamais fuir les cours.  Les enseignants, quant à eux, doivent se donner corps et âme au service d’une éducation saine, et veiller à terminer leurs programmes scolaires ; le gouvernement doit équitablement payer les enseignants pour réussir l’éducation en RDC…
                                                                   Propos recueillis par Antonio Lisuma  

Les églises de Bumba fermées pendant la fête de pâques



Les églises de Bumba fermées pendant la fête de pâques

Obéissant aux mesures d’urgence décrétées depuis le 19 mars 2020 par le Chef de l’Etat de la République démocratique du Congo sur la prévention contre la pandémie de Coronavirus (Covid 19), notamment l’interdiction de tout regroupement de plus des vingt personnes sur toute l’étendue nationale, les églises de la cité de Bumba n’ont  pas ouvert leurs portes, même pendant la période la plus importante où les chrétiens du monde commémorent la mort et la résurrection de Jésus Christ.
Eglise Saint André de Bumba
C’est donc pour la première fois que cela se produise à Bumba, et peut-être aussi dans l’histoire de l’humanité, où les chrétiens de toutes les églises se voient privés de se présenter dans leurs églises respectives pour faire leurs pâques.
Eglise Saint Joseph d'Ebonda
Les chrétiens de cinq églises catholiques représentant les cinq paroisses catholiques de la cité de Bumba ne se sont pas non plus présentés dans leurs églises. Les chrétiens des paroisses Saint André, Notre Dame, Saint Joseph d’Ebonda, Saint Vincent et Saint Murumba sont restés à la maison, priant pour certains en famille.
Eglise Notre Dame de Bumba
A l’exception des Abbés Justin Lingboto, curé de la paroisse Saint Murumba, et Bienvenu Ngbesu, curé de la paroisse Saint Vincent, qui ont dit la messe à huis clos à la paroisse Saint Murumba, 
Eglise Saint Murumba de Bumba

Abbé Justin Lingboto, Curé de la paroisse Saint Murumba

Ils assisté à la messe de Pâques à St Murumba 
en présence d’une minorité des religieuses dont la Sœur Gupa et une dizaine d’ouailles qui étaient d’ailleurs restés espacés (pour respecter la distance requise contre le coronavirus) à travers les bancs de l’église, laquelle messe était retransmise en direct à la radio Lisanga, émettant sur place à la paroisse Saint Murumba !
Eglise Saint Vincent de Bumba
Certains chrétiens des cinq paroisses suivaient en direct sur modulation de fréquence toute la cérémonie de ladite messe à travers cette radio Lisanga implantée à la paroisse Saint Murumba par l’Abbé Justin Lingboto, le Curé de la même paroisse.
Le journaliste Egwake de la Radio Lisanga de Bumba
La cure de la paroisse St Murumba où est implantée la radio Lisanga

                                                                             Antonio Lisuma.   
     


mardi 14 avril 2020

Mongala/Covid-19 : les barrières de la PCR suspendues jusqu’à nouvel ordre


Mongala/Covid-19 : les barrières de la PCR suspendues jusqu’à nouvel ordre

            C’est depuis le début du mois d’avril que l’ordre a été intimé aux autorités policières de circulation routière par le Gouverneur de la province de la Mongala, Monsieur Crispin Ngbundu Malengo, pour que toutes leurs barrières qui étaient érigées sur toute l’étendue de la province ne soient plus opérationnelles pendant cette période de crise que traverse l’humanité entière. D’après les informations qui nous sont parvenues, diminuer les risques de la propagation de coronavirus justifie en grande partie cette mesure prise par le numéro un de la province.


Carte de la Mongala


                                                                  A en croire les propos recueillis, la psychose qui a déjà gagné un espace considérable dans le mental de la population mongalaise ne doit pas encore être amplifiée en ce moment par les tracasseries policières qui risquent d’aller à l’encontre des mesures préventives décrétées par son Excellence Félix Tshisekedi Tshilombo, mesures selon lesquelles tout regroupement de plus de vingt personnes, sauf sous un toit familial, doit être dispersé ; alors que l’opérationnalisation de ces barrières policières expose davantage les pauvres passants au covid-19 surtout lorsque persistent des cas litigieux. Raison pour laquelle la pauvre population doit quand même vaquer librement à ses occupations aussi limitées en ces jours.

Le fameux "Rond Point" de Bumba
                                                                  Cependant certains agents animés d’une mauvaise foi ont tenté de saper cette décision du gouverneur. Quant à eux, ils ont préféré prester dans la clandestinité en se postant dans certains coins moins visibles de Bumba pour se lancer dans la tracasserie. Informé de cette malhonnêteté, l’Administrateur du territoire de Bumba, Monsieur Miché Lambe La Mene, s’est vite montré très assidu en circulant à bord de sa jeep dans les artères de Bumba en vue de contrer ces malfrats agents de l’ordre afin qu’ils soient mis hors état de nuire. Ce dévouement de l’administrateur du territoire a été vivement salué par les Bumbalais qui ont loué cette bravoure que doit toujours incarner le numéro un d’une entité.
Une des meilleures avenue de Bumba

                                                                  Signalons que le ton levé par le numéro un de la province a remis tout le monde à la raison, car certains agents de l’ordre avaient déjà l’intention de se faire pêcheurs en eau trouble à partir de ces mesures préventives décrétées par le Président de la République.

Bienvenu Balomao   

mardi 31 mars 2020

Des maisons en toitures de chaume un danger pour la déforestation à Bumba !


Des maisons en toitures de chaume
un danger pour la déforestation à Bumba !

Les habitants de Bumba préfèrent construire la plupart de leurs maisons en stick, en terre et en toits de chaume. D’autres préfèrent construire les leurs en matériaux semi durables, c’est-à-dire, les sticks de bois couverts de terre avec des toitures en tôles ondulées. Rare sont ceux qui construisent en matériaux durables tels que briques d’argiles cuites  ou de ciments avec des toits de tôles. Pourquoi cela ?
Marché des pieux au beach du quartier SEDEC, au bord du fleuve Congo
Certes, il existe à Bumba une infime minorité, soit près de 20 % de population, qui construit sa maison en matériaux durables telles que des briques d’argile cuite ou en briques de ciment, et la revête en toiture de tôles ondulés. Mais cela nécessite beaucoup de financement.
Une construction en briques cuites
En effet, pour une maison ordinaire, une maison de trois chambres, un salon, une cuisine et des toilettes, elle coûterait aux environs de 5.000 dollars US.   C’est-à-dire une maison construite avec six mille briques cuites pour une somme de 1800.000 FC, soit 1.034 dollars US (sans compter le transport), avec un lot de 50 sacs de ciment, soit mille $(avec son transport), le tout se reposant sur une fondation des pierres de limonite de huit mètres cubes équivalents à 500 000 FC, soit 300 dollars, y compris le transport ; les 70 tôles de 1.260.000 FC (725 $), les 15 sacs de ciment de pavement (300$), les bois de charpentes et de plafonds, et des clous (500$), les portes, les fenêtres et les latrines et lavabos (500)$, sans oublier les imprévus (1000$), le coût total sera plus de 5359 dollars américains ! 
Les matériaux durables coûtent beaucoup d'argent
       
Une maison en matériaux durables n’est donc pas à la portée de bourse des bumbatraciens. C’est la raison pour laquelle on ne s’hasarde pas à les construire de peur de rester inachavées. C’est un peu comme le dit cet adage en lingala : « Soso emelaka mbumba ekoki na mongongo na yé », ce qui se traduit littéralement par : « la poule n’avale que des graines pouvant passer à travers son œsophage ! » Ce revient à dire que l’on ne peut construire sa maison qu’avec des matériaux qu’on peut acheter, donc à la portée de sa bourse ou ses réserves.
Ventes des pieux ou sticks de bois au marché au beach SEDEC, au bord du fleuve Congo
Cependant certaines gens dont le nombre est estimé à 30 % de la population parviennent quand même, avec 1500 dollars, à s’acheter des tôles qu’ils couvrent sur des maisons faites des sticks de bois, avec un pavement en ciment pour certains et avec de simples terres battus  pour les autres.
La maison semi durable, avec pieux en bois et tôles
Mais la majorité de la population à plus de 50 % se construisent des maisons en sticks de bois sous les toitures de chaume, à la portée de leur bourse bien entendue, moins de 300 $, mais avec la mauvaise conséquence de la déforestation car la bicoque ne pourra perdurer, vu les intempéries ou la force des ouragans tropicaux ; et cela nécessitera à coup sûr une nouvelle reconstruction.
Maison en pieux et toitures en chaume
Les chaumes pour couvrir les toits d'une maison 
Alors la quantité de bois coupés par les vendeurs de sticks qui font d’ores et déjà un bon marché dans le beach du quartier SEDEC, au bord du fleuve Congo, occasionne malheureusement la déforestation de notre chère et belle flore, classée au deuxième rang mondial après l’Amazonie. Un coup dur donc pour l’environnement !
Vente des briques cuites
On devrait encourager les jeunes à fabriquer davantage des briques cuites
Les gens devraient de plus en plus cultiver l’habitude de fabrication des briques en argiles qu’ils devraient ensuite cuire avant d’inonder le marché des briques cuites pour petit à petit habituer la population à construire des maisons en matériaux durables et sécurisants, et du coup, contribuer à la maintenance de notre belle forêt de la RDC et de l’Afrique !
                                                                              Antonio Lisuma