Prolifération
des Institutions supérieures et universitaires à Bumba.
La politique d’essaimage depuis
longtemps prônée par Pascal Ndudi Ndudi, l’ex-ministre de l’Enseignement
supérieur et universitaire du gouvernement Mobutu vient de produire à ces jours
ses réels effets à Bumba. Cette politique relative à la création des Instituts
supérieurs et universitaires sur tous les chefs-lieux de province du Zaïre à
l’époque, transcende les frontières souhaitées pour se réaliser au niveau du
territoire même.
Le territoire de Bumba est parmi les
bienheureux bénéficiaires de ladite politique. Sa cité s’en réjouit d’en
compter, au surcroit de ses trois vieilles institutions supérieures ISP-Bumba,
ISTM-Bumba, ISTA-Ebonda, six autres nouvellement créées tout en négligeant deux
encore en gestation. Ce qui portera à 10 le nombre total des instituts
supérieurs et universitaires pour un territoire de plus de 270 000
habitants.
 |
Le bâtiment de l'ISTM à l'Hôpital Général de BUMBA |
Il s’agit de : ISP-Bumba,
ISTM-Bumba, ISTA-Ebonda, ISEA-Loeka, ISTP-Bumba, CEPROMAD-Bumba, ULB,
UPML-Bumba, plus les deux autres embryonnaires : ISTM-Mongala et ISP
Mongala qui seront opérationnelles dès
l’année académique prochaine.
Il semble que l’abondance des biens
ne nuit jamais. Toutes ces 10 institutions supérieures et universitaires viennent combler à pas de
tortue le grand retard que connait le territoire de Bumba par rapport aux
autres en termes d’intellectuels.
L’ISP-Bumba, l’ISTM-Bumba et l’ISTA
Ebonda avec les fruits de leurs entrailles ressortis depuis leur ouverture en
territoire de Bumba, avouons-le, ont fièrement remonté la pente de
l’enseignement et de la santé vers un personnel d’une certaine qualité.
La sous-qualification dont souffraient
surtout l’enseignement et la santé à Bumba n’est plus au rendez-vous grâce à
cette heureuse politique d’essaimage.
Tout en créant de nouveaux emplois en
territoire de Bumba, lesdites institutions supérieures ont encore encouragé
tous les vieux diplômés qui avaient perdu tout espoir d’étudier, étant données
que les institutions supérieures et universitaires traditionnelles étaient
basées très loin de leur milieu de reprendre bien que veillant le chemin des études.
Pour preuve, quatre-vingts pourcent
d’étudiants de ces ISP et universités ont l’âge oscillant de 40 à 60 ans. Ce
sont donc des fonctionnaires pour la plupart des cas.
 |
Le bâtiment de l'ISP à l'Institut Lokole de Bumba |
Néanmoins, ces institutions
supérieures et universitaires anciennement comme nouvellement créées se
heurtent à de graves difficultés pouvant parfois ternir l’espoir du
bumbatracien attentif. Avec une panoplie de facultés et de départements ouverts
dans chacune des ces institutions, surgissent avec le plus d’acuité de
sérieuses difficultés que voici :
1 - Carence de vrais instituts secondaires dignes
de ce nom à l’instar du Collège Notre Dame pour fournir plusieurs candidats étudiants
ayant une très bonne cotation aux Examens d’Etat. En d’autres termes, il n’y a
pas une bonne qualité de candidats étudiants pour un si grand nombre
d’institution supérieure à Bumba.
2 - L’absence de bâtiments sédentaires pouvant
abriter chacune de ces institutions ambitieuses.
3 - L’absence d’un personnel enseignant de haute
facture à temps pleins, la plupart sont importés.
4 - Le coût élevé des frais de mobilité pour
importer, le cas échéant, les professeurs.
5 - L’absence crime d’une bibliothèque pour un
monde qui se veut universitaire.
6 - La crainte de non entérinement de titres
scolaires ou diplômes, cas des institutions supérieures nouvellement créées.
 |
Le bâtiment de CEPROMAD à l'école primaire MILOLI |
Loin encore de décourager les
heureuses initiatives de braves fils et filles de Bumba, nous les exhortons plutôt à y mettre surtout
du sérieux en honorant nos désidérata exprimées sous forme de craintes ou
d’inquiétudes pour une formation non à la six-quatre-deux mais au contraire
pour une formation élitiste, compétitive dont le Congo a grandement besoin.
Rodrigue Modandi
Antonio Lisuma