jeudi 11 août 2016

La bancarisation devenue un calvaire pour les enseignants du Collège Notre Dame de Bumba


 La bancarisation devenue un calvaire
pour les enseignants du Collège Notre Dame de Bumba
Les enseignants du Collège Notre Dame de Bumba, ici à la résidence "Bon pasteur des prêtres de Lisala où étaient logés les employés de la Rawbank peu avant la paie.

          Les enseignants du Collège Notre Dame sont bancarisés depuis l’opération de bancarisation nationale lancée avec le contrôle biométrique en novembre 2013. Tous les enseignants du territoire de Bumba, comme partout en RD Congo, se sont massivement enregistrés pour la bancarisation de façon à être payés non plus par l’entremise des comptables ou agents payeurs de l’enseignement, accusés de malversation financière, mais par la banque.
Les professeurs du Collège Notre Dame montent à bord de la jeep de la paroisse Notre Dame, ils loué le chauffeur et ont aussi acheté du carburant, dépense sur dépense...
          Chaque enseignant devrait en principe avoir son propre compte bancaire et retirer son salaire en temps voulu.
          Mais malheureusement, ici à Bumba il n’y a pas de banque commerciale qui devrait faciliter l’opération. L’unique banque qui existe à Bumba est la banque centrale du Congo qui n’est pas censée opérer ces genres de paiement salarial !
C'est ici au bâtiment de nouveau gouvernorat de la Mongala à Lisala que s'effectue la paie des enseignants de Lisala

          C’est ainsi qu’une organisation privée de l’église catholique dénommée « CARITAS » a reçu le mandat d’assurer la paie des enseignants du territoire de Bumba (tant ceux de la ville de Bumba que ceux vivant à l’intérieur du territoire, en attendant l’implantation de « RAW BANK », la banque commerciale choisie par le gouvernement pour effectuer les transactions salariales des enseignants du territoire de Bumba. CARITAS effectue ces opérations voici déjà 3 ans.
Devant l'angouement pendant la paie au gouvernorat, les enseignats du Collège étaient priés de se rendre au "Bon pasteur" pour être servis en toute tranquilité, il faudrait donc attendre aux environs de "Bon pasteur"....

          Mais les enseignants du Collège Notre Dame de Bumba, la meilleure école secondaire de la province de la Mongala, ne figurent pas sur la liste des enseignants payés à travers CARITAS à Bumba. Leur école (le Collège Notre Dame) est on ne sait comment, enregistrée parmi les écoles de la ville de LISALA, le Chef-lieu de ladite province. Et comme la circonstance de la bancarisation a fait que les enseignants de la ville de Lisala soient payés par Raw bank, et non par CARITAS comme c’est le cas à Bumba, cette dernière banque avait conclu un marché avec les réseaux de télécommunication pour effectuer la paie. Le réseau AIRTEL avec son système « airtel money » a commencé l’affaire dès l’année 2013 jusque fin 2014, avant de céder l’affaire à l’autre réseau dénommé VODACOM avec son système MPESA.
          Avec ces deux réseaux de communication, le salaire des pauvres enseignants de la ville de Lisala, y compris ceux du Collège Notre Dame de Bumba  était payé à travers le téléphone, par le service de Airtel money et ensuite par Mpesa.   Et comme ces services de communication soutiraient quelques choses comme frais de transaction financière sur le maigre salaire des pauvres enseignants, les bruits de contestation se sont élevés jusqu’à obliger la RAWBANK à rompre avec ce système en fin juin 2016, et à s’occuper elle-même de la paie des enseignants à partir de la paie de mois de juillet 2016. Il faudrait donc dépêcher sur place à Lisala quelques commis de la RAWBANK pour effectuer cette paie. 
Un des aspects de mauvais état de route Bumba - Lisala, distant de près de 153 Km.

          Que devrait alors faire les enseignants du Collège Notre Dame de Bumba ?, attendre sur place à Bumba ces émissaires de la banque, ou venir jusqu’à Lisala pour recevoir les miettes-salaires ? A ces questions, des réponses contradictoires parvinrent les concernés qui furent obligés de se présenter à Lisala pour la paie. D’où le pénible déplacement de Bumba jusqu’à Lisala, sur une route impraticable de plus de 150 Km, contrairement à ce qu’on entend dire à la presse que le gouverneur a déjà commencé à la réhabiliter.
Le gouverneur a tenté de réparer cet endroit à Baïssa à près de 56 Km de Bumba, mais le véhicule vient de nouveau s'embourber là où c'est censé être "réparé". Vraiment le Congo est malade !
Une jeep embourbée...

          Quel avenir pour ces pauvres enseignants sur leur paie mensuelle ? Doivent-ils toujours se rendre à Lisala à chaque paie, surtout qu’à chaque déplacement l’enseignant perd pour le transport le 1/10e de son maigre salaire, y compris d’autres frais supplémentaires effectués par les services de RAWBANK, ces frais pour lesquels les réseaux de télécommunication ont été reprochés ? Et surtout que ce maigre-salaire ne parvient pas à nourrir le pauvre enseignant, ne fût-ce qu’une semaine, pendant que les ministres et les députés reçoivent facilement et dans les bonnes conditions des salaires mensuels colossaux, soit 100 fois plus que les miettes des pauvres enseignants ! Quel pays malade !?
                                                                           Antonio Lisuma         

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