jeudi 30 avril 2020


Bumba : Une denrée alimentaire périodique à la portée des Bumbalais

            Quand approche le mois de mai de chaque année, tout Bumba s’attend à la consommation d’une denrée périodique appelé termite. C’est ce qui se constate actuellement sur la place du marché bumbalais où le pavillon destiné à la vente des vivres accueille au quotidien ce type de marchandise périodique au nombre élevé des consommateurs. Il suffit d’effectuer un petit tour dans ce lieu public pendant la journée pour se rendre compte de cette réalité selon laquelle cette alimentation plaît à bon nombre de Bumbalais qui s’en procurent régulièrement.


La manne du ciel
            Cependant le mets constitué des fourmis blanches est consommé sous diverses formes. Pour les uns, la consommation à l’état brut, c'est-à-dire lorsqu’elles ne sont pas encore séchées, reste la plus préférée. Sur ce, elles sont broyées dans un mortier avant d’être emballées dans un paquet couvert des feuilles appelées communément « Ngongo » afin d’être enfermées dans un bouillon au sortir duquel sera formé le savoureux « Ebombo », terme désignant le repas ainsi produit. Si ce dernier est produit à partir de l’état brut, cela n’exclut pas la possibilité d’une autre consommation audit état. Cette fois-ci, elles sont grillées sur un feu à faible température en subissant un léger jet d’eau un peu salée. Tandis que pour les autres, la consommation à l’état séché est à admirer. Pour ce faire, elles sont également pilées pour constituer une autre forme de mets connu sous le nom de « Motsede », vocable local signifiant « repas obtenu à partir des termites séchés puis pilés ».

De quoi s’accompagnent toutes ces formes de mets susmentionnés ?


Les malemba préférées
            Dans la culture budja, le manioc bouilli, puis râpé et dilué ensuite, reste l’aliment de base ou du moins aliment par excellence, car tout vrai budja ne sait terminer la journée sans en avaler quelques bouchées. Ce qui pousse à certifier que le manioc râpé appelé « Malemba » dans le territoire bumbalais et « Masele » dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo reste l’aliment accompagnateur principal de cette contrée mongalaise surtout pour la tribu budja. Mais ce dernier ne demeure pas l’unique aliment pouvant se consommer avec les différentes pâtes issues des termites étant donné que ladite contrée constitue une véritable région agricole.


Une vendeuse de chikwanges
            Si la tribu budja opte pour le « Malemba » ; quant aux autres comme les deux agglomérations situées à proximité de Bumba dont Lokele Molua et Mongala par exemple, les aliments tels que chikwange et banane sont les meilleurs pour accompagner ces repas obtenus après le broyage des fourmis blanches. Parfois aussi, on recourt au riz et à la farine de manioc, mais rarement.  

Un petit constat se dégage apparemment


Les bonnes bananes
            En dépit du nombre élevé des consommateurs et de l’obtention à bon marché de cette denrée périodique, un petit constat se dégage en apparence: celui d’une consommation réduite. Dans les années antérieures, très nombreux étaient ceux qui goûtaient à la régalade ce mets aussi délicieux. Cela se justifiait par son fumet qui se répandait d’une parcelle à une autre lors de cette période débutant au mois de mars. Mais cette année, ce nombre semble réduit ; car nombreux sont également ceux qui s’en désintéressent d’après leur attitude au point même d’ignorer la période dont il s’agit. Peut-être que les vieux qui l’ont longtemps dégusté n’arrivent pas à mieux le faire savourer aux jeunes y présentant cette attitude de désintéressement. Les recherches étant en cours, la vraie raison nous sera révélée dans les prochains jours à partir des données qui y sortiront.


Les termites séchées et les tomates
Bienvenu Balomao   




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